1ère chronique de Chroniques d’un nouveau monde

Première chronique de mon dernier ouvrage Chroniques d’un nouveau monde, merci pour ce travail :

« En 2020, le Covid se propage sur la planète et le monde s’ébranle. Personne ne le sait encore, ni même ne l’imagine, mais les sociétés actuelles sont sur le point de changer pour laisser place à un nouveau monde.

Le résumé m’a induite en erreur avec sa mention « correspondance ». Ce mot laissait penser que les trois narrateurs seraient en contact les uns avec les autres, or il n’en est rien. Chacun tient en fait un journal personnel et couche sur le papier le déroulement de sa vie personnelle et ses réflexions sur les événements internationaux. Mais aucun ne se côtoie de près ou de loin, ils ignorent jusqu’à l’existence des autres. Légère déception de ce côté, j’ai espéré jusqu’au bout qu’éventuellement les péripéties les rassembleraient. C’aurait pu être intéressant d’ailleurs, quand on voit leurs personnalités diversifiées.

En effet, une civile américaine, un soldat chinois et un activiste militant français forment l’arc narratif ; des rôles que je trouve représentatifs de ces pays. Leurs différentes positions permettent de couvrir la planète entière, tant au niveau national avec les changements locaux, qu’international dans l’évolution politique et les interactions entre ces territoires éloignés.

Ce roman démarre sur une période véridique encore récente : le début de la crise sanitaire du coronavirus en 2020. La première partie relate des faits tels qu’ils se sont produits avec la perception individuelle du personnage. Le récit tourne à l’uchronie à la partie deux où la situation s’aggrave rapidement. Pourtant, ce n’est rien en comparaison avec la suite de l’aventure. Le fil s’affranchit de la dimension médicale pour prendre une tournure beaucoup plus politique. Au final, cette pandémie n’est qu’un contexte pour aborder des thématiques plus profondes, la principale étant la liberté (d’expression, de croyance, de circulation …), car elle rebondit sur les autres aspects. En revanche, l’écologie est trop en retrait, c’est dommage, même si bien sûr c’est le cadet de leur souci.

L’intrigue est très bien construite, l’auteur maîtrise les relations géopolitiques. Le réalisme est immersif et effrayant. On avance dans un équilibre fragile tel un funambule que le moindre souffle de contrariété peut faire basculer. Cependant, j’ai trouvé que cela manquait d’émotions, je ne me suis pas sentie complètement impliquée dans l’histoire.

Cette histoire peut résonner à la fois comme une mise en garde de ce qui pourrait être, que la démocratie est un combat de tous les instants, et comme un rappel du confort dans lequel nous vivons actuellement (au moins pour les Occidentaux), mais qui ne doit pas être pris pour acquis. »

http://ichmagbuecher.eklablog.com/chroniques-d-un-nouveau-monde-a207714952

Note : 16/20

Une chronique particulière de Pax Deorum

Je voulais vous faire partager cette chronique des 2 tomes de Pax Deorum, d’abord parce que les 2 tomes sont chroniqués ensemble (1ère chronique de ce type, ce qui montre un regard différent des autres chroniques), ensuite parce que la chronique est excellente et très professionnelle. Enfin, parce qu’elle vient de l’association Mare Nostrum, qui promeut la culture méditerranéenne et que je vous conseille fortement.

« Les deux premiers tomes de la saga “Pax Deorum”, immergent le lecteur dans la Rome antique avec un grand souci du détail et de nombreux rebondissements.

Cédric Plouvier, professeur et spécialiste de la civilisation romaine, ne manque pas d’ambition. Son premier roman publié en 2020, “Il était une fois Rome…” constitue le flamboyant prologue d’une fresque historique qui devrait compter au total cinq volumes. Sur le site internet de l’auteur, on peut même lire qu’une deuxième saga “Les Fils de Mars”, suite de “Pax Deorum” est d’ores et déjà en préparation. C’est cette capacité à projeter son intrigue dans la durée qui constitue la principale qualité de cet écrivain exigeant, refusant de céder à la facilité de certains artifices romanesques. S’étant abstrait de la contrainte de formater son histoire en un nombre limité de pages afin de répondre à des standards éditoriaux, Cédric Plouvier peut ainsi prendre tout le temps de développer le cadre socio-culturel de la Rome antique et donner une réelle épaisseur à ses personnages. Pour apprécier le premier volet de “Pax Deorum” à sa juste valeur, il faut donc bien garder en tête l’idée qu’il constitue la mise en place d’une histoire longue destinée à se poursuivre dans les autres volumes et non une aventure à part entière qui pourrait être lue indépendamment. Si le premier tome est assez descriptif, le deuxième volet “La Voix des dieux” offre une accélération notable dans l’intrigue qui tient le lecteur en haleine de chapitre en chapitre pour tenter de démêler l’écheveau des différentes histoires entrecroisées.

Tout commence à Rome, dans le Latium, au IVe siècle avant J.-C. Cette période est beaucoup moins connue et traitée dans la fiction que celle de l’Empire et c’est un grand plaisir de découvrir les rouages d’une société foncièrement inégalitaire qui va peu à peu asseoir sa domination sur les peuples voisins tels que les Étrusques, les Samnites ou les Volsques. Cédric Plouvier a le souci du détail et l’arrière-plan ne sert pas seulement à donner une vague coloration historique à l’intrigue. On ressort de cette lecture avec des connaissances très précises et académiquement fiables sur la structuration de la société romaine, son système politique – de nombreux passages mettent en scène les tractations et enjeux de pouvoir entre sénateurs qui pour la plupart ont réellement existé – ou son organisation militaire. De plus, le recours fréquent à des termes latins – traduits en fin d’ouvrage – permet de s’immerger dans un monde qui, complexe de prime abord, finit par devenir familier au lecteur motivé qui en intègre progressivement les codes.

“Pax Deorum” fait le choix d’un point de vue omniscient qui ne s’attache pas à un personnage en particulier. Le refus d’un héros unique permet de suivre une pléiade de protagonistes dont certains ne feront qu’une apparition fugitive, tandis que d’autres réapparaîtront au cours du récit. De l’esclave au sénateur en passant par le marchand ou le centurion, l’auteur n’opère pas de hiérarchie et les décrit tous avec une égale précision, ce qui nous permet de voyager à travers les différentes strates de la société. Cédric Plouvier montre ainsi que l’Histoire ne se fait pas seulement par les actions de grands personnages restés à la postérité mais aussi par une foule de seconds rôles qui contribuent, chacun à leur manière, à la mise en place de l’action.

Car “Pax Deorum” n’est pas une fresque statique. Le soin apporté à la reconstitution historique, n’enlève rien au suspense qui permet de faire défiler les pages sans s’en rendre compte. L’augmentation inexplicable des eaux du lac Albain près de Rome de même que la recrudescence d’attaques de loups immenses sont autant de mystères qui ne demandent qu’à être percés. Et si les dieux avaient un rôle à jouer dans tout cela ? On attend la suite de cette saga prometteuse pour obtenir toutes les réponses à nos questions. »

https://marenostrum.pm/pax-deorum-cedric-plouvier/